Après une semaine de formation en développement local et participatif, ils sont une cinquantaine à dominance féminine à s’entretenir avec des jeunes, des femmes, les Comités villageois de développement (CVD) et les gardiens des us et coutumes de la localité pour recueillir les difficultés quotidiennes.
Au nombre des lots de problèmes, on note avec récurrence le harcèlement sexuel des jeunes filles, les grossesses précoces, la pauvreté des sols, le coût élevé des intrants agricoles, le faible rendement des produits agricoles, la sous-électrification, le manque de sanitaire, l’élevage en divagation, les difficultés financières pour mettre en place des activités génératrices de revenu et le feu de brousse.
« A l’hôpital public, l’agent de santé ne respecte pas nos intimités. Pour une simple injection sur les fesses, l’infirmier te demande de se déshabiller et de s’allonger sur le lit. Plusieurs d’entre nous ont été victimes d’attouchements sexuels de cette façon. Dans les établissements, les notes se tronquent contre les relations sexuelles avec les professeurs », a dénoncé une jeune élève.
Selon les témoignages, la plupart des dons faits à la population sont commercialisés.
Après le passage de l’équipe estudiantine, c’est un nouvel air de prise de conscience et d’engagement qui souffre sur ce canton de la préfecture de Vo.
« Les échanges avec les étudiants ont éveillé nos consciences sur plusieurs choses. Il y a beaucoup de problèmes auxquels nous allons nous atteler à résoudre nous-mêmes au lieu d’attendre le gouvernement », a rassuré N’détéfé Sossou, Régent du trône Momé Woedzépé.
Quant aux étudiants, cette sortie pédagogique est un coup de pouce pour leur cursus de sociologue. « Nous faisons juste de la théorie dans les amphis, mais aujourd’hui, nous nous sommes frottés aux réalités du terrain. Nous avons donné le meilleur de nous-mêmes et les observations de nos formateurs vont nous permettre de nous améliorer davantage », a indiqué Joséphine Sawa, porte-parole du groupe.
Fier de la prestation des apprenants, Folly Kpodar, Ffacilitateur de séance, invite ses nouveaux « experts » à l’entrepreneuriat.
« Il suffit de mettre à profit ce qu’ils ont expérimenté aujourd’hui pour devenir des auto-entrepreneurs, pour vendre leurs compétences et expertises en matière de développement socioéconomique et culturel», a-t-il lancé.
Après la remise des rapports de la séance pratique, les jeunes expérimentés vont entamer des stages de perfectionnement dans des structures de la place.
Jérémie Gadah